Aphorismes et autres sentences

Je cherche de moins en moins à plaire,
Mais de plus en plus à être.

***

Il y a les hommes qu’on espère.
Il y a les hommes qu’on trouve.
Et il arrive parfois que ce soient les mêmes.

***

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La trêve

Ce soir vous parlerez de trêve,

Nous demanderez d’oublier

Qu’hier encore vous piétiniez nos rêves.

Ce soir vous parlerez d’amour,

De chant d’espoir et de liberté,

Quand hier les fusils barbouillaient la couleur du jour.

Ce soir vous exalterez l’esprit de Noël,

Nous vendrez de la paix,

Une nuit suspendue aux lèvres de l’éternel.

Ce soir vous rangerez vos haines et vos rancœurs,

Le temps d’une trêve

Ce soir…

Mais demain, quand les armes se déchaîneront de nouveau

Dans leur fureur

Oui demain ! Où sera t-elle votre chère trêve ?

 

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Aphorismes et autres sentences

Ce qui ronge, ce n’est pas la désespérance,

Ce sont ces infimes lueurs d’espoir qui percent à travers l’épaisse nuit du désespoir.

***

Mes désespérances ne sont plus vaines

Depuis ce jour où elles ont brisé mes chaînes.

***

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Nos jours si semblables…

Les amitiés mixtes portent souvent en elles ce parfum d’équivoque, parfum que l’on entretient, que l’on prend soin de répandre par petites touches. C’est une douce mélodie que chacun compose en solitaire pour la servir le moment venu. Ce sont des armes qu’on fourbit en silence et qu’on dégaine à la première occasion. Quand on a la force d’y résister, quand on est suffisamment en paix avec soi, ce peut être un jeu charmant et piquant. Mais quand on est une douce inconstante qui crève de solitude, c’est un badinage auquel on n’a pas les moyens de jouer. Cette nuit là j’ai joué. Cette nuit là j’ai perdu.

(…)

Les hommes et les femmes se croisent, se tournent autour, se plaisent, se séduisent, s’apprivoisent, se font l’amour, finissent pas s’unir et se faire des enfants. En réalité ils se font l’amour avant même de s’apprivoiser. C’est ainsi désormais.

Le samedi je les vois au supermarché, flânant dans les rayons. Quelle marque de couches ? Yaourts aux fruits ou nature ? Shampoing aux perles de nacre de l’océan indien ou aux extraits de pousses de bambou de Papouasie ? Toasts briochés enrichis en vitamine E ou pains suédois aux sept céréales ? Demain les parents viennent déjeuner à la maison. Traiteur ou surgelés ? Que de questions existentielles qui rythment leur quotidien. Et dimanche ils sortiront les poussettes pour déambuler au long des rues désertes, dans les parcs et jardins municipaux. Un homme, une femme, un enfant. La famille. Ce modèle qui perdure depuis la nuit des temps ; le seul, l’unique. Celui qu’on nous invite à reproduire à l’infini. Ils se ressemblent tous avec leur bonheur simple, leurs jours si semblables les uns aux autres. Et comme je les déteste ! Et comme je les envie !

(…)

J’ai si souvent l’impression de n’être qu’une âme qui vit dans un corps dont elle est locataire, un corps qui ne serait rien sans elle. Et ce corps que je traîne avec moi, qui encombre l’espace partout où il passe, fait mine de se faire tout petit, et n’y parvient jamais. Combien de fois ce corps a-t-il fait de l’ombre à mon âme ? Et ces hommes qui traversent ma vie comme on fait escale dans un aéroport, que voient-ils, que savent-ils de celle qui leur ouvre les bras et voudrait les retenir ? Pour une nuit de plus. Pour une semaine encore. Pour une année peut-être…

(…)

Et nos étreintes sont sauvages. Et nos baisers n’en finissent pas de s’allonger. Et nos peaux se goûtent, se mélangent, se font mal. La violence de nos nuits est à l’image de mes jours timides. Elles se maquillent, se barbouillent de nos sueurs collées. Au milieu des râles et des griffures, des gémissements et des morsures, du déchainement de mon corps possédé par je ne sais quel démon, je distribue avec une douceur qui prend des accents hérétiques, des caresses de femme plus tendre qu’une mère couvrant son enfant.

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Mes rêves ont 20 ans

Sur la peau le passage des ans

Mais dans le cœur mes folies

Mais dans l’iris mes envies

Ont 20 ans.

 

Dans l’âme quelques plaies

Mal refermées

Pourtant l’espoir reste entier

Il a 20 ans.

 

Tu te moques

Tu médis et tu dis

Que mes rêves

Sont chimères, illusions et folies.

 

Laisse-moi avec tes idées

D’adulte égaré,

Mes rêves n’ont pas vieilli

Ils ont juste grandi.

 

Au coin des yeux les outrages du temps,

Pourtant regarde au fond

Et tu verras,

C’est la même passion

Qu’au jour de mes 20 ans.

 

Sur mes lèvres le goût des heures

Longues douloureuses

Ou délices de douceur

C’est la même essence fiévreuse

Dans ma gorge,

J’ai 20 ans.

 

Tu te moques

Tu médis et tu dis

Que mes idées débloquent

Mais tu crèves de jalousie !

Car tes rêves enterrés

Ont mal du temps

Ce temps où tu avais

Encore 20 ans.

 

Retourne à tes cimetières

A ton confort

A tes vacances balnéaires !

Je me joue du sort

Avec mes rêves et mes chimères

Je défie la mort !

 

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