Au voyageur absent

Je t’écris ce soir mon amour
Au temps clair
Au temps lourd.
Sous le pont des plaisirs
J’écoute battre le désir,
Celui qu’hier glissait
Dans les torrents enfiévrés
De mes veines assoiffées.
Et ma chair se souvient
Et j’ai encore dans le creux de mes mains
Sur la peau le dos et les seins
Les cicatrices ardentes
De nos caresses impudentes
De nos diablesses luttes lentes.

Je t’écris ce soir mon amour
Au temps clair
Au temps lourd.
J’enrage de te savoir si loin
Quand j’ai tant besoin
De ta bouche et tes yeux et tes reins,
De ton sang criminel se mêlant au mien.
Alors je maudis la chaleur de la nuit
Et la fadeur du matin qui s’enfuit
Sans l’ivresse dernière qui apaise la faim.

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Mon bel amant

Ma douceur, mon éphémère,

Mon amour, ma chimère ,

 

Tes mains sur ma peau

Et j’ai taquiné non pas l’Everest

Mais bien les sommets de l’ivresse.

Et à mon oreille tes mots

Glissés par une bouche si douce,

Que dans mon sang coule encore

Le feu enivrant de tes murmures éloquents.

Et tandis que d’extase je soupire

Avant que de m’évanouir

Dans tes bras

Qui me rattrapent encore une fois

Pour m’aimer de nouveau,

La nuit n’en finit pas

De nous offrir

Ses voiles et ses dentelles

Ses intrigues charnelles

Pour le plus beau plaisir

De nos envies sensuelles…

 

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Le flacon et l’ivresse

Je lève mon verre

A toutes les illusions déçues

A nos amours déchues

Et même à nos histoires de cul !

 

Je bois à la santé

Des cœurs trop froids

Des sacrifices comme seul désarroi

Des bras qui s’offrent sur la croix.

 

Je lève mon verre

A tous les imbéciles heureux mais désespérés

Aux femmes délaissées

Aux hommes désolés.

 

Je bois à la santé

Des nuits pécheresses

Au flacon, à la tristesse

A celle qui reste après l’ivresse.

 

Je lève mon verre

A toutes les colères

Celles qui font l’âme légère

Les belles, les étrangères.

 

Je bois à la santé

Des fantômes qui oublient

Des visages qui n’ont pas vieilli

De cette vie en sursis.

 

Je lève mon verre

Aux flots de larmes

Aux espoirs qui suivent les drames

A l’incertitude, ton charme.

 

Je bois à la santé

Des erreurs qu’on reproduira

Des douleurs qu’on cajolera

Des chaleurs qu’on recherchera.

 

Je lève mon verre

A tout ce que la vie

A de plus sale et de plus beau aussi.

A toutes nos histoires

De chair et de guerre

A nos amours éphémères

A nos débauches ordinaires

A nos rencontres singulières

A toutes nos chimères,

 

Je bois et je lève mon verre !

 

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