L’aquarelliste

Sa main vole, glisse sur le papier,
Plume tourbillonnant dans le vent.
A bout de pinceau, avec la précision d'un archet
Il caresse la toile de ses gestes élégants.
De ses doigts enroulés, tentacules serrés, 
Il ballade l'instrument sur les courbes du temps.
Dans une danse rapide et si bien maîtrisée
Il invente des visions, des ailleurs éclatants.
Le regard toujours plein de ses rêves colorés
Il n'a d'yeux que pour elle. Ah ! Maudite aquarelle ! 
J'ai beau me presser, lascive à son côté, 
Je suis bien peu de choses, la rival est trop belle.
De nuits lourdes d'insomnie en matins endormis, 
Le ballet de ses mains lui concède mille caresses. 
Et jusque dans mes rêves où là aussi il m'oublie
Je croise le fer avec son insolente maîtresse.

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