L’anniversaire (4)

Le grincement à peine audible de la porte me ramena à la réalité de ma situation. A demi nue sur ce lit dans une chambre d’hôtel somptueuse quelqu’un venait d’entrer et de refermer derrière lui. Un vent glacé me traversa le corps. Une sueur brûlante lui succéda. Je distinguais à peine le pas qui s’avançait vers moi. Un pas lent et feutré, presque sourd, qui glissait sur le parquet avec la légèreté d’un danseur étoile du Bolchoï. Tant et si bien qu’il m’était impossible de savoir s’il s’agissait ou non du pas de mon mari. L’hésitation me gagnait. Qui était là derrière le rideau sombre de ce morceau de tissu qui cachait ma vue ? Qui avançait vers mon corps offert sur ce lit ? La tension était à son comble, parsemant mon corps de raideurs aigües. Je n’entendais même pas le son d’une respiration tant la mienne était essoufflée. Il approchait. Il était là à une main de ma peau.

Quand il fut assez près, je concentrai tout mon odorat à attraper du bout des narines, les effluves mélangés d’embruns et de terre chaude qui s’échappaient de mon mystérieux visiteur. Mon sang se figea dans mes veines, juste un instant. Ce n’était pas le parfum de mon cher Benjamin. Les battements dans ma poitrine redoublèrent. Ma main se leva, se dirigea vers le morceau de toile sur mes yeux. Mais avant que j’ai pu l’atteindre je sentis une main grande, large et ferme bloquer mon poignet. Si les effluves n’étaient pas celles de mon adoré, cette main là avec sa force douce pouvait très bien être celle qui me caressait chaque nuit depuis des années. Je me sentais totalement impuissante, apeurée et fiévreuse, intriguée et désorientée. J’avais besoin d’un signe, d’une certitude.

Son souffle d’abord, puis ses lèvres sur ma joue, sur le bord de ma bouche et je le reconnus. Enfin ! Le doute n’était plus permis. Je laissais échapper son prénom dans un murmure languissant :

« Benjamin…

— Oui ma belle. »

Alors ses mains se mirent à divaguer sur mon corps, de mes épaules à mes cuisses, en revenant sur mon ventre et mes seins.

(retrouvez les épisodes 1, 2 et 3 dans la catégorie « Les billets roses »)

 

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L’éloge des seins

Ah ! Madame, vos seins !

Et leur douce rondeur

Et leur blanche candeur.

Ah ! Madame, vos seins !

Comme ils sont faits pour mes mains !

 

J’y passerai des heures,

Des nuits entières, à la timide lueur

De vos rougeurs agitées

Pour leur raconter

Combien ils font tout mon bonheur.

 

Ah ! Madame, vos seins !

Et leur fine pudeur.

Dans ces dentelles blottis

Ils sont bien à l’abri.

Ah ! Madame…

Laissez donc ma main

S’approcher de votre cœur

Pour un instant envelopper

Ce bijou dans son écrin.

 

Ah ! Madame, vos seins !

Et leur belle chaleur

Et leur parfum de fleurs

Ah ! Madame, vos seins !

Combien j’aime les caresser

Du bout des doigts les effleurer

Et comme j’aime à pleine bouche les embrasser.

Ah ! Madame, vos seins !

Ils sont faits pour aimer !

 

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Passion au clair été

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu du jour nouveau

Qui se levait chaque matin

Sur tes yeux d’enfant capricieux

Qui découvre l’amour

Qui jure d’aimer toujours ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu des nuits d’ivresse

Où chaque caresse était nouvelle promesse

Où le baiser ouvrait la porte de l’éternité

Où la peau gardait le souvenir

De nos soupirs ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu des mots soufflés

Des mots tant voulus

Tantôt criés, tantôt susurrés,

Des mots comme des bateaux

Qui voyagent de ton cœur

A mes larmes

De tes mains

A mes seins.

Tes mots contre les miens

Mes mots baisant les tiens ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu de la brûlure

De la passion

Qui dévaste la terre qu’elle conquiert

Qui affame la bouche qui l’accouche

Qui emprisonne la liberté d’aimer

Jusqu’à l’étouffer ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu

Mon bel amour

De cet amour

Qu’on a perdu ?

 

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