Le Monde, mass media, abrutissement et décadence

Je me suis lancée, sans réel a priori, dans la lecture de cet article du journal Le Monde en date du 27 juin 2012 et intitulé « Le pouvoir d’achat va baisser fortement en 2012 » (http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/06/27/le-pouvoir-d-achat-va-baisser-fortement-en-2012_1725109_823448.html)

Les premières lignes se faisant le relais d’informations factuelles (point de croissance en 2012 puisque justement l’année en cours n’a pas accroché le point de croissance, celle-ci restant à + 0,1% au premier trimestre, + 0,2 % au second) et pronostics peu enthousiasmant pour les mois à venir qui verraient (mais qui en doutait encore ?) se poursuivre l’augmentation du chômage et la baisse du pouvoir d’achat. Tout en trouvant utile de nous rappeler le pourquoi du comment pour ceux qui reviendraient d’un long voyage sur Vénus ou Uranus : « La France souffrira de la contraction de la demande intérieure de ses partenaires de la zone euro, ce qui handicape les exportations, et son propre effort de consolidation des finances publiques ». En clair et sans ambages : nos partenaires européens sont dans la merde, notre tour arrive ! Avertissement pour ceux qui pensaient encore pouvoir échapper à l’effondrement du château de cartes, conséquence logique de notre modèle économique intégré qui crée une interdépendance suicidaire entre les pays, et sans la moindre précaution régulatrice, car telle est la religion ultra-libérale.

 Puis vient l’heure politique…

 « On s’achemine même vers la plus forte baisse (du pouvoir d’achat) depuis vingt-huit ans (…) Si cette prévision se vérifie, ce sera du jamais-vu depuis 1984, première année après le tournant de la rigueur pris par le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy. »

Traduction : salauds de socialistes qui vont nous refaire le coup de la rigueur de 84 ! On vous l’avez pourtant bien dit.

Oui, enfin en même temps nous n’étions pas dupes non plus. Nous savions pertinemment que nous ne votions pas POUR Hollande le 6 mai dernier, mais CONTRE Sarkozy. Nous savons également que si le PS était un parti politique contestataire du modèle économique dominant, 1. Ça se saurait, et 2. Il n’aurait jamais vu son candidat présent au second tour de l’élection présidentielle. Enfin, si l’UMP et le PS étaient des antithèses l’un de l’autre, ça aussi ça se saurait. Ce qui se sait désormais, et en cela on peut remercier l’alternance hygiénique qui a cours depuis quelques décennies, c’est que ces deux formations politiques sont les deux faces d’une même pièce de monnaie qu’on pourrait symboliser par l’Euro en ces heures où le fiasco de la monnaie unique fait de moins en moins débat.

Mais aussi l’heure des révélations…

« A Bercy, on ne se précipite pas pour  commenter  officiellement ce nouvel indicateur à la baisse, et on prend son temps pour construire  un argumentaire d’ensemble. Toutefois, sous couvert d’anonymat, les responsables s’expriment. « La conjoncture est catastrophique. Tous les indicateurs sont dans le rouge : croissance, emploi, pouvoir d’achat, déficits, sans compter  les plans sociaux, qui ont été retardés et que les entreprises vont pouvoir ressortir, estime un membre d’un cabinet. Le pays est dans une situation vraiment difficile, il y a un réglage économique très délicat. »

Ah bon ? La situation est si désespérée ? Alors ça pour une nouvelle c’est une sacrée nouvelle !

Et tout l’article est de la même facture.

Le Monde n’est donc plus là pour analyser, fournir un argumentaire construit, ciselé, pertinent qui titille les neurones et l’esprit critique ? Eh bien non ! Désolés braves gens, mais ce journal est là désormais pour nous donner à manger de l’information en barquette et sous cellophane à l’image de la merde avec laquelle les supermarchés prétendent nourrir les corps ! Et dire qu’ils s’y sont mis à deux pour écrire ce papier qui ne dit rien !

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Cerveau en panne

La médiocrité des attaques qui ont suivi l’élection de François Hollande à la présidence de la République française est à pleurer. Elle révèle un abêtissement paroxysmique de notre pitoyable époque.

D’abord c’est faire injure à ce que serait une véritable politique de gauche que de lui assimiler le programme de François Hollande ! Que les supporters déçus jusqu’à la hargne haineuse de Nicolas Sarkozy se rassurent, les deux bonshommes sont finalement bien plus ressemblants qu’il n’y parait, au moins d’un point de vue strictement économique. Hollande, ce n’est jamais que du capitalisme version light avec une volonté,  du moins affichée,  il restera à voir si elle se concrétise dans les faits,  de revenir à un peu plus de justice sociale. Est-il besoin de rappeler ici les nombreux cadeaux fiscaux que l’ancien locataire de l’Elysée a fait aux plus riches (les détenteurs du capital) tout en demandant toujours plus d’efforts et de sacrifices aux classes moyennes et populaires (celles qui n’ont que leur force de travail pour subsister) ? Mais Nicolas Sarkozy avait alors peut-être voulu rendre un hommage appuyé à ce regretté Coluche qui expliquait « qu’on avait bien raison de piquer l’argent des pauvres vu qu’ils sont plus nombreux »… Quant à voir dans l’élection de François Hollande le péril rouge, alors là on atteint un sommet de bêtise douloureux qui rappelle combien la culture politique et historique de certains de nos concitoyens flirte avec le néant.

Ensuite c’est avoir la même naïveté que celle reprochée aux militants du PS (les promesses n’engagent certes que ceux qui les croient, mais la foi est assez également partagée entre hollandistes et sarkozystes) que d’imaginer que le pouvoir politique a encore  du pouvoir justement. A croire que nos contemporains lavent décidemment trop leur cerveau à la lessive TF1 et autres medias dominants. Hollande n’est évidemment pas un sauveur (mais Sarkozy ne l’aurait pas été davantage).  Hollande est simplement un « colmateur ». Il est là pour mettre quelques rustines sur un modèle économique qui se fissure de tous les côtés en attendant le grand effondrement. Parce que la véritable question aujourd’hui c’est celle qui consiste à savoir si le capitalisme productiviste est la réponse aux crises économique, sociale et écologique. Et nous sommes quelques uns à penser que non seulement il n’est pas la solution, mais qu’il est le premier de tous nos maux. Evidemment, cette idée reste largement minoritaire dans la classe politique qu’elle soit française ou européenne. En parlant de l’Europe justement, il ne vous aura sans doute pas échappé que les décisions de nos dirigeants sont pour l’essentiel dictées par les orientations bruxelloises et que notre parlement n’est finalement qu’une chambre d’enregistrement de la législation européenne, législation qui prime le droit national. Il ne vous aura sans doute pas davantage échappé que l’Europe des Nations a laissé sa place à l’Europe des marchés et que ceux-ci s’accommodent (pléonasme) très bien du capitalisme productiviste.

Finalement la différence fondamentale entre un Sarkozy et un Hollande, à l’heure où l’impuissance publique est à la mesure de la puissance économique des intérêts privés, c’est sans doute la fin du mépris et de la stigmatisation institués comme valeurs normatives de la société. Jamais plus que sous le règne Sarkozy on aura autant humilié, montré du doigt, accusé, traîné dans la boue les plus fragiles. Car faut-il encore le répéter ? Les chômeurs, les bénéficiaires des minimas sociaux, les étrangers, les mal logés ne sont pas responsables de la crise, ils en sont les premières victimes ! Ils sont même les premières victimes, dans l’hémisphère Nord car au Sud ça fait bien longtemps déjà qu’on en crève, de la faillite d’un système. Mais rassurez-vous petites gens de la bonne petite bourgeoisie d’en bas (la grande bourgeoisie d’en haut est certes cynique mais elle a oublié de ranger ses neurones au vestiaire, elle !), votre tour viendra, tôt ou tard, mais il viendra car on n’arrête pas la faillite d’un modèle érigé au rang de civilisation avec quelques pansements, et cela peu importe qu’on s’appelle Hollande ou Sarkozy.

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Hier encore demain est mort

Je me suis endormie

Sous le pont des empires

A l’ombre des fantômes

En chemises brunes

En sourire noir.

Je me suis endormie

A l’ombre de l’Histoire

Sous nos rêves salis

Dans le fossé d’hier

Là où trainent nos espoirs.

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D’une élection à l’autre…

Il est un président, hier, qui dinait dans les grands restaurants,

N’avait point de complexe avec cette affaire dite du Fouquet’s.

Mais il est aujourd’hui, un candidat-président,

Presque affligé, désolé, repentant.

C’était une erreur concède t-il cinq ans plus tard…

Cinq ans trop tard !

Oui, une erreur de fêter une élection, celle qui donne les clés d’une nation,

Dans une brasserie de standing disait-on alors à l’heure du bling-bling.

Mais il est aujourd’hui un candidat-président, tout à coup qui comprend,

Que, Mon Dieu ! Oui, pour les français il a pu être choquant

De voir le nouveau chef de l’Etat  faisant de l’élection du président,

Une soirée huppée privatisée pour gens fortunés,

Pour amis grands patrons qui amassent les millions

Pendant que mon père, ton frère, ma sœur, ta mère,

Triment toute la sainte journée comme des cons

Pour ce Smic ou à peine plus et qu’on dit encore trop.

 

Il est un président, hier, qui méprisait son peuple, lui volait sa souveraineté,

Celle exprimée par les urnes d’un referendum sur un certain traité.

Il est un président, hier, qui, d’un revers de main, envoyait valser

La volonté souveraine et sacrée de la Nation,

Celle arrachée à l’absolutisme d’un Roi par la main de la révolution,

Pour la déposer ensanglantée sur l’hôtel d’un congrès

Réuni derrière les murs d’un château versaillais,

Résidence  grandiose d’un monarque à la démesure légendaire

Qui semble avoir traversé les siècles et se répandre en coulures héréditaires

Dans les veines d’un petit président de la grande dame France.

Mais il est aujourd’hui un candidat-président qui en appelle au peuple,

Ce peuple dans lequel se mélange avec richesse et allégresse

Toutes les couleurs de tant de civilisations

Toutes les sueurs de ces travailleurs de tous horizons,

Tous les habitants d’un pays, du fin fond du Lubéron

Jusqu’à la Courneuve et son béton.

 

Il est un président hier, qui agressait le cœur et ses passions,

Qui salissait à chaque discours les mots de la langue de Molière,

Qui accablait l’âme de ses invectives guerrières,

Il est aujourd’hui un candidat-président qui afflige tout ce qui fait la raison.

De démagogie en mensonges éhontés,

Toutes ses tentatives sont plus désespérées

Et chaque jour qui passe cet homme là donne la nausée.

Il est un candidat-président qui n’a plus même son honneur,

Il flotte dans les égouts au milieu des étrons

Avec son programme pour les prochaines élections.

 

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