Hier encore demain est mort

Je me suis endormie

Sous le pont des empires

A l’ombre des fantômes

En chemises brunes

En sourire noir.

Je me suis endormie

A l’ombre de l’Histoire

Sous nos rêves salis

Dans le fossé d’hier

Là où trainent nos espoirs.

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D’une élection à l’autre…

Il est un président, hier, qui dinait dans les grands restaurants,

N’avait point de complexe avec cette affaire dite du Fouquet’s.

Mais il est aujourd’hui, un candidat-président,

Presque affligé, désolé, repentant.

C’était une erreur concède t-il cinq ans plus tard…

Cinq ans trop tard !

Oui, une erreur de fêter une élection, celle qui donne les clés d’une nation,

Dans une brasserie de standing disait-on alors à l’heure du bling-bling.

Mais il est aujourd’hui un candidat-président, tout à coup qui comprend,

Que, Mon Dieu ! Oui, pour les français il a pu être choquant

De voir le nouveau chef de l’Etat  faisant de l’élection du président,

Une soirée huppée privatisée pour gens fortunés,

Pour amis grands patrons qui amassent les millions

Pendant que mon père, ton frère, ma sœur, ta mère,

Triment toute la sainte journée comme des cons

Pour ce Smic ou à peine plus et qu’on dit encore trop.

 

Il est un président, hier, qui méprisait son peuple, lui volait sa souveraineté,

Celle exprimée par les urnes d’un referendum sur un certain traité.

Il est un président, hier, qui, d’un revers de main, envoyait valser

La volonté souveraine et sacrée de la Nation,

Celle arrachée à l’absolutisme d’un Roi par la main de la révolution,

Pour la déposer ensanglantée sur l’hôtel d’un congrès

Réuni derrière les murs d’un château versaillais,

Résidence  grandiose d’un monarque à la démesure légendaire

Qui semble avoir traversé les siècles et se répandre en coulures héréditaires

Dans les veines d’un petit président de la grande dame France.

Mais il est aujourd’hui un candidat-président qui en appelle au peuple,

Ce peuple dans lequel se mélange avec richesse et allégresse

Toutes les couleurs de tant de civilisations

Toutes les sueurs de ces travailleurs de tous horizons,

Tous les habitants d’un pays, du fin fond du Lubéron

Jusqu’à la Courneuve et son béton.

 

Il est un président hier, qui agressait le cœur et ses passions,

Qui salissait à chaque discours les mots de la langue de Molière,

Qui accablait l’âme de ses invectives guerrières,

Il est aujourd’hui un candidat-président qui afflige tout ce qui fait la raison.

De démagogie en mensonges éhontés,

Toutes ses tentatives sont plus désespérées

Et chaque jour qui passe cet homme là donne la nausée.

Il est un candidat-président qui n’a plus même son honneur,

Il flotte dans les égouts au milieu des étrons

Avec son programme pour les prochaines élections.

 

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La lettre

J’ai faim.
Je n’ai pris qu’un grand bol de café
Trop clair et trop sucré ce matin.
Hier soir j’ai mangé mon dernier morceau de pain.
Je me suis levé dans la nuit
Car le froid a réveillé ma faim.
Et j’avais encore faim ce matin.
Et j’ai faim maintenant avec mon grand bol de café
Trop clair et trop sucré.
J’ai faim,
Mais dans le placard, il n’y a plus rien.

Je suis chômeur, monsieur le président.
Souffrez que je vous dispense de la majuscule,
Il me semble que vous ne la méritez plus,
Depuis longtemps déjà.
Je suis chômeur, monsieur le président.
Mais j’étais employé de bureau avant.
Oh ! Je n’étais pas bien riche,
Je n’allais jamais bien loin en vacances,
Chez ma sœur en été dans ses Landes si belles,
Chez mes cousins en hiver dans leur basque pays.
Je n’ai pas visité l’Amérique ou la Polynésie.
Toujours je suis resté dans ce pays,
Celui là qui vous a accueilli
Vous et vos aïeux il y a bien longtemps.

Je suis chômeur, monsieur le président,
Je suis chômeur,
Et je viens d’ailleurs
Comme vous, comme les vôtres,
Qui sont venus ici il y a longtemps.
Mon grand-père
A fait la grande guerre
Avec ses frères de France.
Je suis né ici même si ma peau n’est pas blanche.

Je suis chômeur, monsieur le président,
Et j’ai faim et froid maintenant.
J’ai lu vos déclarations ce matin,
En buvant mon grand bol de café trop sucré.
J’aurai aimé avoir encore du pain.
J’ai lu que j’étais un étranger, un assisté.
Dois-je mourir maintenant,
Monsieur le président ?

Je suis chômeur, monsieur le président.
Je suis chômeur et humilié
Tous les jours de ma vie,
De ce qu’il me reste de vie.
Je suis écrasé.
Je baisse la tête quand je vais chercher
Mon panier à l’épicerie sociale de mon quartier.
Je souris, je réponds toujours oui
Aux conseillers qui tiennent dans leurs mains,
Par leurs décisions,
Ce qu’il me reste de vie.
Je suis chômeur et français,
Monsieur le président,
Ne vous déplaise à vous et vos sales idées.

Je suis chômeur, monsieur le président,
Et voilà 2 ans que je n’ai pas travaillé maintenant.
Je suis trop vieux parfois avec mes 46 ans,
Je suis trop coloré pour d’autres recrutements,
Je suis trop qualifié ou pas assez.
Je suis géographiquement trop éloigné,

Je suis chômeur, monsieur le président,
Et tous les jours je suis humilié.

Mais avant que d’être ce chômeur
Que vous portez en horreur,
Je suis un homme,
Qui s’en va boire un grand bol de café
Trop clair et trop sucré
Pour oublier que ce matin encore
Il n’a pas de pain.

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