Le baiser

Sur la fine cheville un mollet rebondi
La cuisse serpente vers une hanche large
Qui aimera la douceur d’une main sur son rivage
Dans les flots mourant de ses arrondis.

Autour de la taille le bras déploiera sa puissance
Chaîne accrochée à son ancre marine
Et du bout des doigts la courbure divine
S’offrira à sa belle impatience.

Alors remontant le courant turbulent
Au milieu de ces coquettes aspérités
Qu’un jour les Dieux sur son dos ont posées
La main glissera dans le cou brûlant.

Mais déjà la rondeur de ses épaules suppliantes
Réclame le baiser de ses lèvres gourmandes
Et soudain c’est un murmure échappé qui quémande
La caresse ultime sauvage et insolente.

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le baiser de rodin
Le baiser d’Auguste Rodin

Passion au clair été

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu du jour nouveau

Qui se levait chaque matin

Sur tes yeux d’enfant capricieux

Qui découvre l’amour

Qui jure d’aimer toujours ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu des nuits d’ivresse

Où chaque caresse était nouvelle promesse

Où le baiser ouvrait la porte de l’éternité

Où la peau gardait le souvenir

De nos soupirs ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu des mots soufflés

Des mots tant voulus

Tantôt criés, tantôt susurrés,

Des mots comme des bateaux

Qui voyagent de ton cœur

A mes larmes

De tes mains

A mes seins.

Tes mots contre les miens

Mes mots baisant les tiens ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu de la brûlure

De la passion

Qui dévaste la terre qu’elle conquiert

Qui affame la bouche qui l’accouche

Qui emprisonne la liberté d’aimer

Jusqu’à l’étouffer ?

 

Amour, le temps passe.

Amour, le temps lasse.

T’en souviens-tu

Mon bel amour

De cet amour

Qu’on a perdu ?

 

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