Le rossignol a chanté ce soir

J’écoute le silence. Oui, le silence. Ce vide immense empli de mille sons. Assise à mon bureau, de la fenêtre me parvient le chant mélangé des oiseaux. Je reconnais celui du rossignol à nul autre pareil, avec ce cliquetis dans la gorge, ce pincement de langue qui joue les musiques les plus belles.

Imagine t-on, un seul instant, un monde sans oiseaux, un monde sans leur chant délicieux. Il nous est si coutumier ce chant, que trop souvent nous oublions cet enchantement qui habille nos jardins, allument nos villes sales, ensoleillent nos vies trop pâles. Et nous passons notre chemin, distraits, absorbés par nos affaires quotidiennes ou un iPod sur les oreilles, sourds aux bruits du monde. Mais demain… si demain les oiseaux, las de chanter pour des fous et des idiots. Oui, si demain les oiseaux entraient en résistance et qu’ils se mettent à faire silence. Si demain ces cliquetis de gorge, ces pincements de langue, ces notes harmonieuses n’étaient plus. Ah ! Comme alors la tristesse s’abattrait sur nos jours déjà monotones. Ah ! Comme le silence serait un vide immense… banalement et simplement immense.

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Soirée à l’opéra

Et Bordeaux dressait son théâtre devant mes yeux réjouis

Avant que de contenter ma mélomanie.

Bordeaux, entends-tu mon cœur qui galope sa chevauchée ?

Entends-tu mon âme qui implore ta mélopée ?

 

Et Bordeaux était pour un soir lumineuse cité,

Ville promise, conquête, mon adorée,

Versant sur mes pas ses joyaux, émeraudes et diamants,

Bordeaux et son ciel s’ouvrant tel un océan

Pour m’offrir des heures longues suspendues d’éternité.

 

Et Bordeaux était un moment merveilleux.

De ces moments si doux et sucrés

Qui reviennent vous visiter les soirs d’été.

De ces moments qui laissent l’âme légère, le cœur heureux,

L’oreille comblée.

De ces moments où chaque sens s’éveille à toute la beauté.

 

Et Bordeaux, au creux de toi, enserrée dans tes bras, j’ai vibré

Comme les cordes tendues des violons qui jouaient.

De cour en jardin, de parterre en balcon,

Dans tes allées, dans ton palais,

Ensorcelée, je me suis abandonnée.

 

Et Bordeaux, tu habilles mon souvenir désormais.

 

http://www.opera-bordeaux.com/multimedia/retrospective-de-la-saison-2011-12-51.html

 

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