Il naît d’amour que de raisons

Aimer à perdre la raison

Chantait le poète Jean.

Mais moi je t’aime de toute ma raison…

 

Pour la douceur et l’attention

Qui guide chacun de tes gestes

Avec légèreté ou passion.

 

Pour la beauté des émotions

Qui submergent chacun de nos instants

Avec bonheur et délectation.

 

Aimer à perdre la raison

Chantait le poète Jean.

Mais moi je t’aime de toute ma raison…

 

Pour la force enveloppante

De tes bras qui m’entourent

De leur chaleur accueillante.

 

Pour ta présence bienveillante

Qui sait se faire rassurante

Même au creux du silence.

 

Aimer à perdre la raison

Chantait le poète Jean.

Mais moi je t’aime de toute ma raison…

 

Parce que dans tes yeux

Je vois mon horizon,

Que ta peau est devenue ma maison.

 

Parce que ton souffle murmure

A ma raison

Qu’avec toi c’est l’été en toutes saisons.

 

Aimer à perdre la raison

Chantait le poète Jean.

Mais moi je t’aime de toute ma raison…

 

Parce que tu chavires mes certitudes

Avec ta noble tempérance

Qui vient calmer mes outrances.

 

Et que tu nourris mes convictions

Avec ta générosité

Qui fait du bien à toutes mes pensées.

 

Aimer à perdre la raison

Chantait le poète Jean.

Mais moi je t’aime de toute ma raison,

Pour toutes ces bonnes et belles raisons.

 

 

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Les gens de peu

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens de bien

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux,

Douillettement installée dans un coin de solitude.

Je goûte leurs sourires, je me nourris de leurs « bonjour ».

Leur simplicité est affectueuse, sans malice,

Leur bienveillance est sans détour

Et leur générosité n’attend rien en retour

Qu’un regard complice pour toute gratitude.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens heureux

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux,

Et dans leurs yeux je me sens moi je me sens bien.

Parfois ils ne disent rien,

On se regarde, on se croise,

On se fait juste un signe de la main,

Un geste de peu, un geste de rien.

On tisse, on cajole, on entretient

Nos amitiés, nos respects et nos liens.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens radieux

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux.

Ils sont ma fortune, l’or du monde dans un regard.

Dans la tempête ils sont le phare

Qui me garde en vie, qui illumine ma nuit.

Ils sont ma chair, ils sont mon sang.

On les dit braves gens avec un air condescendant,

Leurs mains sont pleines de mille talents,

Leur âme plus belle qu’un diamant.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens de bien

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux.

Ce sont des paysans, des ouvriers,

Ils ont 20 ans, ils sont retraités,

Ils travaillent la terre, ils battent le fer.

Ce sont des meuniers qui sont jardiniers.

Ils ont les mains calleuses

Et la figure brune des soleils de juillet,

Ils ont le cœur grand et la parole rieuse.

Ils sont ma ligne d’horizon

Ils sont mon refuge, ma maison.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu

Des gens de bien,

Des gens précieux.

Et auprès d’eux je réapprends,

J’ouvre mes mains, j’ouvre mes yeux ;

Je redécouvre la joie de vivre… encore un peu.

 

 

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Assez pour le dire

Penser à haute voix

A plume ouverte

A cœur qui sert d’encrier

C’est s’offrir nu, sans armure

Tout entier

Aux jugements, à la haine

Et aux quolibets.

 

Qu’importe !

Me voilà suffisamment saisie et animée

D’une saine colère,

(Accordez-moi le crédit de ma sincérité)

Assoiffée de justice,

(Voyez là ce que je crois être mon honnêteté)

Qu’il ne me semble plus l’heure

De craindre aucune peur.

 

Ou bien est-ce cette condition d’Homme

Retourné à l’état de nécessité

Après avoir atteint de la pyramide de Maslow le sommet ?

Cet Homme qui après avoir bu et mangé,

S’être abrité puis soigné,

Après avoir aimé et été aimé,

Après avoir vu dans vos yeux

La bienveillance et le respect,

S’en revient à ce que le sage

Nomme cette heureuse sobriété ?

 

De quoi ai-je besoin pour le bonheur

De mon cœur

De mon âme

De la Vie

Qui me sort par tous les pores ?

Que faut-il à mes jours, à mes nuits

Pour que le ciel sur mes rêves

Me fasse le plaisir épanoui

Le désir dompté ou l’envie assouvie ?

 

Qu’a-t-on fait de mon humanité

En la pressant de consommer ?

Suis-je donc moins Homme

Parce que mon placard n’abrite plus

Que deux paires de souliers ?

 

Qu’a-t-on fait de mon humanité

En m’inculquant chaque jour

Des bancs de la maternelle aux couloirs du lycée,

De mon open space à la machine à café,

Que la vie est un concours,

Une guerre sourde de tous contre tous

Pour le bonheur de tous.

Quelle étrange idée…

Le bonheur, pourtant, semble n’avoir jamais

De nous, été aussi éloigné.

 

Penser à haute voix

A plume ouverte

A cœur qui sert d’encrier

C’est avoir perdu assez

Pour n’avoir plus rien à gagner

Que ce qu’il nous reste d’humanité.

 

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