Fragile

C’est un morceau de dentelle

Ciselé, si fragile,

Un pétale sans sa corolle,

Une aile

Sans son oiseau

Là-Haut qui vole.

 

C’est un morceau de guipure

Délicat sur la pulpe du doigt,

Un violon sans archet,

Un petit rat sans opéra ;

C’est mon cœur fébrile

Qui fait des entrechats

Quand tu n’es pas là.

 

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Le ciel a changé de couleur…

L’azur des cieux

s’est habillé des reflets d’ocre

de tes yeux.

Alors j’ai plongé dans une mer brune,

et au fil des courants chauds

mon corps s’est échoué

près des dunes

qui abritent nos amours

affamées.

 

Ma peau est brûlée du sceau

de tes prunelles

désormais,

de la flamme châtaigne,

de ton iris marron glacé,

qui glisse et s’imprègne

jusque dans mes chairs palpitantes,

qui m’attire et me serre

dans des étreintes foudroyantes.

 

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Seule avec toi

La solitude c’est entendre le crissement des fourchettes

Dans nos assiettes.

La solitude c’est quand tu parles avec la journaliste qui débite les informations

Dans le petit écran alors que je suis là, devant toi.

La solitude c’est ton regard qui évite le mien,

C’est ta main qui ne serre plus jamais la mienne.

La solitude c’est ton pull que j’approche de ma joue

Pour me souvenir de ton odeur.

La solitude c’est ce lit froid dans lequel je me glisse sans toi,

Parce que la télévision est une compagne plus divertissante.

La solitude c’est quand tu me rejoins à 2 heures du matin dans les draps,

Et que plus jamais tu ne me réveilles d’un baiser, d’une caresse.

La solitude c’est quand j’étouffe mes sanglots dans les oreillers

Pour ne pas troubler ton sommeil.

La solitude c’est quand je ne sais pas comment te dire,

Que mon médecin a trouvé une grosseur sur mon sein droit.

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Il y a ceux… et puis ceux là aussi

Il y a ceux qui vivent sous le même toit. Ceux qui se croisent dans la cuisine, dans le salon. Et puis ceux qui dispersent l’amour de l’entrée à la chambre. Il y a ceux qui partagent le même lit. Ceux qui n’y font que dormir. Et puis ceux qui en font un havre de plaisir. Il y a ceux qui se parlent mais ne s’entendent pas. Et puis ceux qui devinent dans un murmure. Il y a ceux qui regardent autour et partout sans plus rien voir. Et puis ceux qui s’émerveillent chaque jour de le voir, de la voir, là. Il y a ceux qui se pensent tout le jour et s’aiment toute la nuit. Et puis ceux qui s’oublient un peu plus à chaque heure qui passe. Il y a ceux qui ne sortent que les jours de grand soleil. Et puis ceux qui se tiennent par le bras, serrés, sous un parapluie. Il y a ceux qui ne vivent que les instants heureux. Et puis ceux qui avancent main dans la main quand la vie fait mal. Il y a ceux qui se jurent sans conscience d’inutiles serments. Et puis ceux qui inventent au fil de l’eau leur présent et leur demain.

Oui il y a ceux là. Et puis ceux là aussi.

Il y a Bastien et Nathalie. Et puis Luc et Marc. Il y a aussi Ahmed et Marie. Et encore Nadia et David. Et il y a aussi Claire et Lucie. Et puis Diouma et Mika. Et il y a Chang et Natacha.

Oui il y a ceux là. Et puis les autres. Et puis eux. Et puis nous aussi.

 

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