L’arbre aux histoires

Il y a des arbres qui racontent des histoires. Près de chez moi il y en a un. Planté dans un jardin. Très précisément dans le jardin de la maison où j’ai passé mon enfance et mon adolescence. Cet arbre c’est un sapin et chaque fois que je passe sur le chemin où j’ai traîné mes pneus de vélo à l’âge où l’avenir est ouvert à tous les possibles, à chaque fois je lève les yeux vers lui et une larme prend naissance au bord de mes cils.

Ce sapin a accueilli les paquets colorés jusqu’au soir de noël. Je ne saurais vous dire de quelle année il s’agissait, mais c’était il y a longtemps. Cette année là j’avais insisté auprès de mes parents pour prendre un sapin avec ses racines et au lendemain des fêtes j’ai choisi son emplacement dans le jardin, là au centre, en face de la maison, bien au centre. Il était alors aussi petit que moi ou peut-être me dépassait-il d’une tête, d’une branche.

Et puis les années ont passé. Les hivers et les étés. Un jour j’ai eu 17 ans et j’ai changé de maison. Le sapin lui est resté. Aujourd’hui il est immense. Il est bien plus haut que la maison qu’il toise de ses branches d’un vert sombre. Du chemin on l’aperçoit de loin derrière les haies et les ronces. Ce sapin il raconte mon histoire, celle de mon enfance, celle de mon adolescence. Il raconte mes soirées d’été dans l’herbe, la musique dans les oreilles, mon premier magnétophone, mes rêveries solitaires sur le chemin, dans les champs de blé qui entouraient la maison, dans le cimetière où je traînais mon goût déjà prononcé pour la solitude. Il raconte mes premiers espoirs, mes premiers chagrins, mes premiers carnets griffonnés. Il raconte mes après-midi dans la grange tout en haut juchée sur les bottes de pailles empilées, cachée pour mieux rêver.

Ce n’est pas aux choses qu’on est attaché, c’est aux liens qu’on entretient avec ces choses, qu’elles soient inanimées ou vivantes. Parce que ces liens sont comme les mailles d’un tricot, une maille qui se défait et c’est le tricot tout entier qui finit par se découdre. La vie ne tient qu’à ces fils qui tissent notre histoire.

 

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Diva de salon

J’ai un métier sérieux vous savez. Un métier qui inspire le respect. Le respect mais rarement l’enthousiasme. J’ai un métier comme tout le monde, comme il faut, parce qu’il faut. J’ai un métier et ça rassure… mes parents, mes amis, mes voisins, mon banquier, l’institutrice de mes enfants, leur nounou, ma belle-mère et même les inconnus. Surtout les inconnus.

Mais c’est pas ça que je voulais faire quand j’étais gamine. Non, je voulais être Diva, moi. La Callas !  Un jour à Milan, le lendemain à Londres, le mois suivant à New York, l’été prochain à Sydney ! C’est une erreur, un quiproquo, un contresens, une méprise de l’existence si je me hâte chaque matin pour attraper mon train, étriquée dans ce tailleur trop stricte, dans ces escarpins trop serrés, quand je rêvais de robes flottantes, de jupons immenses, de chapeaux à voilette, de chignons extravagants, de maquiller mes yeux, de les maquiller trop pour le spectateur du dernier rang.

Il me ressemble tellement peu ce métier que j’exerce par dépit, par habitude, par lâcheté, par facilité, parce que mon mari ne comprendrait pas, parce que mes enfants sont encore trop petits, parce que la maison n’est pas finie de payer, parce que j’ai toutes les meilleures raisons du monde pour ne rien changer.

Alors le soir, quand ils sont tous couchés, je me cale dans le canapé et j’écoute la Traviata, Carmen et puis Tosca. Je les écoute susurrer ou gémir, exulter et rugir pour l’amour d’Alfredo, pour Don José, pour Mario. Je les écoute à m’en éclater les tympans. Je les écoute et je me désole du jour qui reviendra demain, de l’incessant ballets des banalités qui se succèdent avec une minutie implacable. Je les écoute pour oublier… qu’un jour l’audace m’a manquée.

 

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La femme abimée

J’avais publié ce texte en 2011 après avoir croisé le visage désespérément vide d’une jeune femme accompagnée de ses deux jeunes enfants. La crise des subprimes avait frappé quatre ans plus tôt aux Etats-Unis puis s’était propagée en Europe. Ce visage il m’a semblé le voir à nouveau ces derniers jours dans les rassemblements qui occupent ici un rond-point, là un péage d’autoroute. Mais cette fois le visage n’était plus vide. Au contraire, il était empli de mille expressions se succédant dans ce désordre propre à celui qui sent qu’il n’a plus rien à perdre ; expression de colère, de chaleur, de fierté, de désarroi, de force, d’espoir…en somme un visage vivant.

 

Je l’ai croisée dans cette file d’attente au supermarché. Elle avait le visage creux, les yeux cernés. Ce visage abîmé par une vie d’épuisement qu’il me semble voir si souvent. Elle remplissait son caddie, machinalement, tel un robot que plus rien n’atteint. Elle avait le regard vide, tellement vide ! Ce regard qui a tant pleuré qu’il n’est plus qu’un désert. Un désert bleu délavé. Délavé par le manque de sommeil. Par les heures d’angoisse. Délavé par cette douleur qui ronge l’âme et finit par détruire le corps quand la vie n’est plus qu’un combat sans pause ni espoir.

J’avais mal de la voir ainsi. Elle, si belle, si jeune, si frêle, avec ses quelques 30 années en bandoulière, déjà abîmée par la vie. Ses mèches blondes et courtes, éparpillées, lui faisaient un casque de soldat qu’on a envoyé au front, alors qu’il voulait juste vivre sa vie. Sa mine défaite. Son sourire envolé. Elle était encore belle, la femme abîmée.

Près d’elle, s’accrochant à ses jambes, deux enfants de 5 et 3 ans. Bambins aux prunelles d’eau claire, leurs sourires déchirent la souffrance d’une mère. Ils rient. Ils crient, insouciants, inconscients de l’impasse financière qui étrangle déjà leur avenir. Ils n’apprendront pas la musique. Ils n’iront pas au théâtre. Leur maison, leur jardin, leur chambre où trônent ours et camions électriques ne seront peut-être plus à eux demain. La crise est passée par là. Papa n’a plus d’emploi depuis un an, et maman est sur le point de perdre le sien.

(A cette inconnue que j’ai croisée un jour d’octobre 2011)

 

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Mourir n’est rien quand vivre fut tout

Le ronron du quotidien m’exaspère, me rend folle. Folle de rage. J’ai envie de hurler, de pleurer, de courir, de m’enfuir, de sauter dans le vide, d’exploser en plein vol ou de m’enfoncer dans le gouffre de la Terre. J’ai envie d’entendre mon coeur tambouriner, se serrer dans un spasme violent, sentir tout mon corps vivre, vivre vraiment, pas à demi, pas mollement, pas doucettement. Je veux bien même avoir mal s’il le faut. La douleur qui cisaille l’âme plutôt que la tiédeur pâle et insipide qui fait la vie sans relief. Je veux bien plonger tout au fond, me laisser couler jusqu’à m’y perdre et dans les tréfonds de la mélancolie trouver la délivrance. Je veux bien mourir dans un an, dans un mois, une semaine ou un jour mais pas sans avoir vécu, pas sans avoir senti et ressenti dans la chair et par tous les pores de la peau le déchaînement des sens, la frénésie de la vie qui déferle dans les veines tel un courant de boue qui emporte tout sur son passage, déracine les arbres, envole les toits des maisons et couche chaque barrière, chaque pylône, chaque obstacle se dressant sur sa route. Je veux mourir d’avoir trop vécu, mourir d’avoir trop aimé, trop admiré et trop éprouvé toutes les secondes comme si chacune était unique, mourir jeune et en bonne santé, mourir foudroyée par la beauté !… Mourir vivante.


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L’heure singulière

Chaque soir elle revient comme une amie régulière, une confidente singulière. Elle revient mettre des couleurs et de la lumière sur la banalité des jours, sur l’ennui et le quotidien, sur la pâleur de l’ordinaire. Et tout à coup, de sa seule présence, elle sublime ce qui l’instant d’avant, n’avait ni saveur, ni odeur, ni plaisir, ni désir, ni rien qui fasse s’emballer le coeur.

Elle, c’est l’heure solitaire. L’heure solitaire du soir qui s’habille de silence et de noir. C’est l’heure qui tombe sur les toits. C’est l’heure privée sur laquelle plus aucun n’a de droit. C’est l’heure insouciante qui s’autorise tout. C’est l’heure qui se prélasse  sans la moindre culpabilité. C’est l’heure lente qui prend, enfin, le temps. Le temps d’éloigner les heures intrépides du jour. Le temps d’écouter le grincement des volets de la grange. Le temps d’observer le chat en pleine toilette. Le temps hypnotique des flammes dans l’âtre. Le temps d’un verre de vin sur un air de jazz. Le temps d’un livre blotti dans un lit de coussins. Le temps de l’oubli. Le temps de tout. Le temps de rien. Cette heure, à nulle autre pareille, c’est l’heure de toutes les langueurs. Et pour elle, pour la vivre encore, ne serait-ce qu’une heure, je donnerais toutes les autres heures.

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Le cri du prolétaire qu’on assassine

Je l’ai pris son boulot de merde !
Le type m’a dit :
C’est ça ou alors plus d’alloc’.
Je l’ai pris oui son CDD à dix sous
Ses 20 heures par semaine
Sans compter les trajets
Les heures d’attente
Et puis celles à pleurer.

Je l’ai pris oui
Parce que le loyer à payer,
Le frigo à remplir
Et la gosse à finir d’élever.

Je suis comme les autres
Tous pareils !
Logée à la même enseigne
Faits comme des rats !
« T’as pas le choix ma fille »
Que je me dis le soir en me couchant.
Et les heures tournent
Et chaque minute de la journée défile.
Quand vient le sommeil enfin
Il est presque temps que je me lève
Et alors tout recommence.

Mais crois moi
Je leur en donne pour leur pognon
A ces cochons !
Ma misère
Elle finira par leur coûter chère.
Un jour de plus, un jour de trop,
C’est certain, je m’en fais la promesse
Je le saboterai leur boulot.
Je sais pas encore quand
Mais je sais déjà comment.

En attendant je m’autorise à rêver
De la révolution,
Et croyez bien que ce jour là
Ce ne sont pas quelques chemises qui voleront,
Ni quelques Porsche qui crameront.

La misère ça attend,
Silencieuse, tête baissée
Rentrée dans les épaules,
Ca se porte comme un fardeau
Ca vous fait le dos rond
Et l’âme docile.
Mais le jour où ça se réveille,
Le jour où ça se gorge de colère,
Où ça sent que foutu pour foutu
Y’a plus rien à perdre,
Alors ce jour là
La misère
Ca vous accroche par le bras
Ca vous traîne dans les ruelles,
Sur les avenues et les boulevards,
La rage en bandoulière
Et ça dévaste tout sur son passage.

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Cette misère là

C’est une tristesse sans pareil que l’on ressent quand on croise la pauvreté. La vraie pauvreté. Celle qui ne se plaint pas. Celle qui baisse la tête quand au supermarché elle donne les 10 euros que lui demande la caissière pour payer six tranches de jambon blanc premier prix, deux litres de lait pas cher, une boîte de céréales chocolatées sans marque, un pack de 12 yaourts remisé parce que la date de péremption est proche.

Cette misère là, elle ne bouge pas. Elle est silencieuse, comme résignée parce que ça fait si longtemps qu’on ne la regarde plus en face, de peur de l’attraper. Cette misère là elle ne crie pas au ras le bol fiscal, parce qu’ hormis la TVA, elle ne paie pas d’impôt sur le revenu depuis qu’elle n’a plus que quelques miettes pour survivre. Parfois même elle n’a jamais payé cet impôt tant décrié ces derniers mois, parce qu’elle n’a connu que le chômage, les petits boulots, la précarité, l’incertitude du lendemain.

Cette misère là, elle est souvent malade parce qu’elle mange mal, parce qu’elle se soigne mal, parce qu’elle se chauffe mal. Cette misère là, elle est souvent dépressive parce qu’elle ne travaille pas, ou parce qu’elle travaille mal, le jour, la nuit, en horaire décalé, parce qu’elle effectue tous ces petits boulots mal payés et mal considérés dont personne ne veut. Et comme on comprend que personne n’en veuille de ces boulots là !

Cette misère là, elle pointe à pôle emploi pour pouvoir toucher son RSA ou son chômage entre deux CDD, entre deux intérim. Cette misère là, elle accepte toutes les petites humiliations en serrant les dents, parce qu’elle sait qu’au moindre faux pas on peut lui retirer ses allocations. Oh ! C’est pas qu’on fait vivre une famille avec 900 euros par mois*, mais c’est indispensable pour continuer à survivre.

Cette misère là, elle ne part jamais en vacances. Elle fréquente les jardins publics et les piscines municipales les mercredis de juillet. Parfois elle n’a jamais vu la mer, ni la montagne ailleurs que dans son petit écran.

Cette misère là, elle a honte alors elle se cache. Elle ne crie pas sur les toits combien sa souffrance est immense. Elle se sent tellement humiliée. Elle se sent aussi tellement fatiguée…cette misère là qui regarde passer les jours sans plus y croire.

 
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*http://www.rsa-revenu-de-solidarite-active.com/rsa-2014.html

Gelé

Le vent ne souffle pas. Par les volets fermés, j’écoute la nuit. J’ai soufflé dans mes mains. J’ai couvert mes pieds. Mais rien, rien n’y fait. Le froid glisse dans ma peau, gèle ma carcasse jusqu’au os.

Le vent ne souffle pas. Les volets sont clos. Dehors, la nuit ne fait pas de bruit. J’ai bu un bol de lait chaud. J’ai gardé mes mains gelées sur le récipient qui fumait et j’ai savouré la chaleur dans mon gosier.

Le vent ne souffle pas. Pourtant je sens le froid glisser à travers les volets. Le radiateur est froid. J’avais espéré que l’hiver ne viendrait pas. Alors cette cuve vide du précieux liquide ne me tourmenterait pas.

Le vent ne souffle pas. Pourtant je sens l’insupportable froid qui me tort les doigts. Le lait chaud me semble bien loin déjà. Les volets sont fermés et la nuit ne fait pas de bruit. Il n’y a que mes dents qui grincent. Je prends contre moi le chat, compagnon d’infortune. Contre mon torse il diffuse sa douce chaleur. Et nous restons là. Tous les deux. Cœur contre cœur.

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Balade d’automne

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Des impasses sombres et mal entretenues. Des herbes hautes. Des friches. Des volets clos. J’avance lentement dans ce désert rural, où les maisons de paysans sont devenues résidences de citadins en mal de frais.

Je me souviens il y a 30 ans. Je me souviens alors, quand je me précipitais sur mon vélo rutilant reçu le noël précédent. Je filais tel un bolide en direction des eaux vertes et hautes du marais, au bout du chemin. Je passais devant toutes ces maisons qui sentaient bon la confiture de figue, le miel et la châtaigne. Les cheminées crachaient leurs volutes grises et le vieux Gabriel multipliaient les allers-retours entre le petit toit du jardin et le chai, pour rentrer des rondins de peuplier. Maria se pressait près de sa cuisinière à bois. Elle l’alimentait des plus petites bûches puis agitait son tisonnier pour exciter les braises. Tout était prêt pour la soupe.

A deux maisons de là, je trouvais Simon qui était encore aux écuries à soigner ses bêtes. Je posais le vélo contre la grande porte en bois et j’avançais dans la paille semée sur le plancher des vaches. Le grand-père me souriait et sans dire un mot il continuait sa tâche. Il savait que j’aimais être là dans les odeurs d’étable, à observer. Les animaux avaient un pouvoir hypnotisant sur moi. J’étais bien, calme et sereine. Mais l’heure de rentrer venait…toujours trop tôt. Alors j’enfourchais ma bicyclette pour refaire le chemin à l’envers. Et même si le soir tombait, froid et humide, elle était chaude et lumineuse ma campagne. Son pouls battait puissamment dans les entrailles de sa terre.

Mais aujourd’hui plus rien ne bouge. La bonne Maria est partie il y a bien longtemps déjà, et le pauvre Gabriel a eu tant de chagrin qu’il l’a rejointe moins d’un an plus tard. Simon, quant lui, ne va plus dans son écurie que pour se souvenir un peu, quand il trouve encore la force de quitter le fauteuil dans lequel il passe ses journées.  A 90 ans il attend la faucheuse avec sérénité.

Les maisons semblent mortes désormais… comme leurs propriétaires. Et les écuries ne sentent plus le foin… ni la terre.

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Les gens de peu

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens de bien

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux,

Douillettement installée dans un coin de solitude.

Je goûte leurs sourires, je me nourris de leurs « bonjour ».

Leur simplicité est affectueuse, sans malice,

Leur bienveillance est sans détour

Et leur générosité n’attend rien en retour

Qu’un regard complice pour toute gratitude.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens heureux

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux,

Et dans leurs yeux je me sens moi je me sens bien.

Parfois ils ne disent rien,

On se regarde, on se croise,

On se fait juste un signe de la main,

Un geste de peu, un geste de rien.

On tisse, on cajole, on entretient

Nos amitiés, nos respects et nos liens.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens radieux

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux.

Ils sont ma fortune, l’or du monde dans un regard.

Dans la tempête ils sont le phare

Qui me garde en vie, qui illumine ma nuit.

Ils sont ma chair, ils sont mon sang.

On les dit braves gens avec un air condescendant,

Leurs mains sont pleines de mille talents,

Leur âme plus belle qu’un diamant.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu,

Des gens de bien

Ils me sont si précieux,

Je vis là au milieu d’eux.

Ce sont des paysans, des ouvriers,

Ils ont 20 ans, ils sont retraités,

Ils travaillent la terre, ils battent le fer.

Ce sont des meuniers qui sont jardiniers.

Ils ont les mains calleuses

Et la figure brune des soleils de juillet,

Ils ont le cœur grand et la parole rieuse.

Ils sont ma ligne d’horizon

Ils sont mon refuge, ma maison.

 

Ce sont des gens qu’on dit de peu

Des gens de bien,

Des gens précieux.

Et auprès d’eux je réapprends,

J’ouvre mes mains, j’ouvre mes yeux ;

Je redécouvre la joie de vivre… encore un peu.

 

 

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