Frères d’âmes

Il est de certaines amitiés comme d’histoires d’amour particulières. Ces amitiés qui ne réclament ni longueur de temps, ni même présence continue pour s’épanouir et s’habiller d’évidence. Il y avait lui. Il y avait moi. Il y a désormais nous.

Il y a en lui cette tendresse, cette bienveillance quand il me parle, quand il m’écrit. Il y a aussi cette longueur d’âme qui nous attire l’un vers l’autre au jardin de pensées tout à la fois communes et singulières. Il me pense si bien et je reçois sa conscience avec une telle acuité, qu’il me semble parfois que nous avons été jumeaux dans une autre vie. Celle-ci nous a séparés durant de longues années. Et pourtant quand elle nous a réunis à nouveau, le temps écoulé n’était qu’un tic-tac tintinnabulant, imperceptible, sur le poignet. Je ne saurais expliquer cette reconnaissance mutuelle. Nos sensibilités peut-être, cet instinct animal qui nous fait, l’un et l’autre, sentir tout le feu de l’existence, tout ce qu’elle porte de plus violent, de souffrance et de tristesse mais aussi de bonheurs fous, de griseries intenses, et même d’espoir parfois.

Il est de certaines amitiés comme d’histoires d’amour singulières. Ces amitiés qui ignorent l’ambigüité, qui laissent toute la place à la fraternité, quand il et je font nous.

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Seule avec toi

La solitude c’est entendre le crissement des fourchettes

Dans nos assiettes.

La solitude c’est quand tu parles avec la journaliste qui débite les informations

Dans le petit écran alors que je suis là, devant toi.

La solitude c’est ton regard qui évite le mien,

C’est ta main qui ne serre plus jamais la mienne.

La solitude c’est ton pull que j’approche de ma joue

Pour me souvenir de ton odeur.

La solitude c’est ce lit froid dans lequel je me glisse sans toi,

Parce que la télévision est une compagne plus divertissante.

La solitude c’est quand tu me rejoins à 2 heures du matin dans les draps,

Et que plus jamais tu ne me réveilles d’un baiser, d’une caresse.

La solitude c’est quand j’étouffe mes sanglots dans les oreillers

Pour ne pas troubler ton sommeil.

La solitude c’est quand je ne sais pas comment te dire,

Que mon médecin a trouvé une grosseur sur mon sein droit.

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