Il est temps de se tirer !

Et si j’arrêtais tout, maintenant ? Si je ne programmais plus mon réveil pour le matin suivant, si je cessais de sortir du lit pour aller m’employer chez des gens qui sont aussi enrégimentés que des patrons de banque ou des vendeurs de yachts !

La retraite c’était une porte de sortie. La libération après des années d’enfermement. L’entreprise est une taule. On vous dit où, quand et comment faire, comme on apprend à un animal à chier dans sa caisse et pas à côté. Mais cette porte de sortie là, comme toutes les autres, est en train de se refermer. L’avenir qui nous est promis : continuer à s’user la santé au boulot, au milieu d’organisations du travail destructrices, injustes, autocratiques, absurdes, inintelligentes, jusqu’à en crever. Dans ces conditions à quoi bon continuer ? Pourquoi collaborer un jour de plus à une organisation économique et sociale qui n’est là que pour servir quelques intérêts privés et n’a rien à offrir à l’immense majorité des gens ordinaires ? Quitte à calancher d’un cancer à 65 ans juste avant de prendre sa retraite, ou dans l’indigence à 75 ans par un été caniculaire, autant déserter maintenant, tant qu’il est encore temps, tant que la vitalité habite nos corps et nos âmes.

Déserter. Laisser derrière soi. Prendre la poudre d’escampette. Refuser. Se retirer. Parce que finalement dans ce monde à l’agonie qui est en train de crever et qui nous entraîne dans sa chute, toutes les portes sont fermées à double tours. Toutes sauf une qui laisse filtrer un peu de lumière : celle de la désertion, de la fuite, du refus.

C’est l’éternelle question : combat-on mieux une organisation en étant à l’intérieur ou à l’extérieur. Longtemps j’ai pensé, sans être totalement convaincue, qu’on était plus efficace dedans que dehors. C’était peut-être vrai quand les règles du jeu nous laissaient imaginer que le combat était loyal et quand l’adversaire croyait lui aussi à cette fable. Alors on négociait des miettes et elles nous contentaient… à moitié. Mais il n’est plus temps de négocier les conditions du servage.  Il est temps de se tirer ! Il est temps de combattre, mais depuis le dehors !

 

© Tous droits réservés 

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s