Un enfant si mon patron le veut bien

Ce matin là, Béatrice, employée de bureau, avait un nœud au ventre. Ce n’était pas tant le petit être d’à peine trois mois qui grandissait dans son antre qui lui causait ce désagrément, que l’annonce de cette nouvelle qu’elle s’apprêtait à faire à Madame Dupont-Frind. Quand Mathilde, sa collègue, avait fait part de sa grossesse à la patronne, cette dernière avait accueilli la nouvelle très fraîchement. C’était son deuxième enfant. Elle avait déjà un petit garçon de 2 ans, et Madame Dupont-Frind avait cru bon de lui demander :

« Et vous comptez en faire combien comme ça ? Non parce qu’au rythme d’un marmot tous les deux ans, j’ai plus qu’à fermer boutique moi ! »

Mathilde n’avait rien répliqué à cette invective qui lui avait glacé le sang.

Le plus surprenant dans tout cela c’est que Madame Dupont-Frind était l’heureuse maman de trois enfants de 17, 15, et 7 ans. Mais il est vrai que ce n’était jamais la femme, encore moins la mère qui s’adressait à ses salariées. Non, c’était toujours la patronne, la propriétaire, celle qui détient le capital et l’accumule en exploitant le travail d’autrui, qui parlait à ses subalternes.

© Tous droits réservés – Reproduction interdite sans l’autorisation de l’auteur.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s