Ô soleil !

Il disait que la misère serait moins pénible au soleil. Je n’en doute pas à cet instant.

Trois rayons qui claquent. Un éclair qui frappe. J’habille ma mistoufle des lambeaux de l’astre Ra. Je maquille ma pauvrette figure des vapeurs chaudes qui flottent dans les courants d’air. Le fard de la lune est couché et mes lèvres rougissent de la brûlure de ce semblant d’été.

Le soleil frappe. La vie cogne.

Je croise des pêcheurs, observateurs silencieux des eaux brouillées. Je croise des marcheurs, funambules gracieux sur la terre collée. Je vois passer des cyclistes, flâneurs curieux au milieu des allées.

Pourtant les arbres ne sont que branches nues, morceaux éteints de vie et encore laids. Une sirène hurle au loin. Une ambulance. Une vie à sauver.  Ca grouille, là-bas, tout  près, à deux pas de mes doigts.

Un autre promeneur. Une nouvelle clameur. Un chien qui jappe. Une auto qui klaxonne. C’est comme une invitation à rejoindre le cœur de la ville.

Et le soleil. Ô soleil brûlant ! Et le murmure. Le murmure si lent et caressant d’un brin d’air, d’un souffle sur le front. Alors je reprends le chemin qui longe la rivière.

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