Frères d’âmes

Il est de certaines amitiés comme d’histoires d’amour particulières. Ces amitiés qui ne réclament ni longueur de temps, ni même présence continue pour s’épanouir et s’habiller d’évidence. Il y avait lui. Il y avait moi. Il y a désormais nous.

Il y a en lui cette tendresse, cette bienveillance quand il me parle, quand il m’écrit. Il y a aussi cette longueur d’âme qui nous attire l’un vers l’autre au jardin de pensées tout à la fois communes et singulières. Il me pense si bien et je reçois sa conscience avec une telle acuité, qu’il me semble parfois que nous avons été jumeaux dans une autre vie. Celle-ci nous a séparés durant de longues années. Et pourtant quand elle nous a réunis à nouveau, le temps écoulé n’était qu’un tic-tac tintinnabulant, imperceptible, sur le poignet. Je ne saurais expliquer cette reconnaissance mutuelle. Nos sensibilités peut-être, cet instinct animal qui nous fait, l’un et l’autre, sentir tout le feu de l’existence, tout ce qu’elle porte de plus violent, de souffrance et de tristesse mais aussi de bonheurs fous, de griseries intenses, et même d’espoir parfois.

Il est de certaines amitiés comme d’histoires d’amour singulières. Ces amitiés qui ignorent l’ambigüité, qui laissent toute la place à la fraternité, quand il et je font nous.

Publicités

6 réponses à “Frères d’âmes

  1. « Quand il et je font nous »
    Je fond moi tout court.
    6 mots tout est là. Lorsque l’on sait si bien capter l’essence et là transcrire. Que reste t-il de tout ce que l’on cache. Elle voit tel nous sommes, au delà de nos masques. Appeler là brodeuse des mots, fée… Avec elle les masques tombent.
    A bien plus qu’une camarade et toutes ces mascarades!

  2. tic tac fait l’horloge d’un cœur, tic tac il ne demande rien de plus que de battre quelques instants à l’unisson de l’horlogerie amie, et la griserie estompée, tac tic, il repartira…

    belle prose chère jongleuse !!

  3. J’ai lu quelques uns de vos textes. J’aime la simplicité et la profondeur qu’ils portent. Celui-ci fait particulièrement écho. « Nous » ne comptons plus les kilomètres et les jours qui espacent les éternités de nos rencontres. En ces instants nous sommes l’un pour l’autre tout ce qu’il y a au monde. Nous avons compris que ce monde était nécessaire, aussi nos âmes patientent des retrouvailles, à la croisée des chemins…

    Appeler « blablas » vos douceurs et vos élans ne leur rendent pas justice.
    Mes hommages à celle qui laisse parler son cœur avec tant de beauté 😉

  4. Merci pour ces mots. C’est certainement là qu’est la plus belle récompense quand on écrit ; c’est que l’autre se retrouve, s’identifie.
    Les mots sont mes outils pour appréhender le monde et en restituer des morceaux. Alors quand ces morceaux touchent l’âme, le coeur ou la raison, c’est que ma restitution n’est pas trop mauvaise.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s