Mange toi-même

Manger est devenu un vrai problème. Je crois que nous sommes très nombreux à en être conscient. Nous sommes aussi très nombreux à aspirer à consommer des produits de qualité bons pour le corps et l’esprit. Alors bien sûr il y a les AMAP, les marchés locaux où on croise des petits producteurs (mais aussi des moins petits dont l’éthique laisse à désirer). Malheureusement si les choses étaient si simples nous consommerions tous ces produits de qualité. Pourquoi ne le faisons-nous pas ?  Je vois deux raisons à cela.

Etre un consommateur averti n’est pas aussi facile qu’il y paraît. Les offres sont si nombreuses, les labels aussi, l’appellation « BIO » semble insoupçonnable. Le consommateur se perd. Il ne sait plus qui il peut croire, qui il doit croire. Il se désespère, se tape la tête contre les murs en se demandant « mais qu’est ce que je peux manger ? »

Le consommateur bien qu’averti se débat dans son quotidien pour manger. Eh oui ! Il est bien loin le temps où l’homme chasseur-cueilleur se nourrissait des produits qu’il avait passés une partie de sa journée à chercher. Aujourd’hui l’Homme est bien souvent salarié(e), fonctionnaire, chef d’entreprise, en recherche d’emploi, étudiant(e). Il court après le temps entre le bureau, la crèche, l’école. Et dans cette course effrénée le supermarché est devenu son lieu de ravitaillement privilégié parce que la société dans laquelle il vit ne cesse de lui mettre des boulets aux pieds, lui interdisant de disposer de son temps pour bien se nourrir.

Les français aiment leur marché et dès qu’ils en ont l’occasion (le samedi, le dimanche), ils prennent plaisir à aller choisir leurs produits, leurs producteurs. Mais durant la semaine, quand les marchés des halles ouvrent à 9h, Madame ou Monsieur sont en train de déposer les bambins à l’école avant de filer au bureau. A midi quand les halles ferment, Monsieur et Madame sont encore au bureau.  Ils ont parfois entendu parlé de l’AMAP. Ils sont même parfois adhérents d’une AMAP. Mais le supermarché reste leur allié pour les courses rapides, pour le poulet rôti qu’on servira le soir à table avec des spaghettis, parce que ce soir encore c’est la course en sortant du bureau.

Ne nous blâmons pas. Aidons-nous. Soutenons-nous pour consommer autrement.

(Merci à l’épicerie paysanne sans qui ce billet n’aurait peut-être pas été écrit)

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5 réponses à “Mange toi-même

  1. Peux-t-on dissocier notre façon de nous nourrir et notre mode de vie?

    Peux-t-on être un esclave même bien payer du système et bien manger?

    Etre bien payer pour un travaille aliénant pour soi, sa famille et les autres, ce don de sa vie, peux être résumé par « perdre sa vie à la gagner », mais ça permet
    d’acheter hors de prix chez BIOCOOP.

    Etre bien payer par le système veux souvent dire lui être utile donc être un bon soldat du capitalisme, c’est déjà moins moral mais ça donne droit de pouvoir acheter du « BIO » INDUSTRIEL dans un petit super-marché propret, où comme dans un supermarché conventionnel tout est emballé sous plastique, contient de l’huile de palme ou vient de l’autre bout de la planète : Peux importe si c’est bio!

    Cette nourriture BIO industrielle est pour des estomacs qui ont peur de choper le cancer, est la pourriture de l’esprit : La bonne conscience de l’égo.

    Cette nourriture ne vaudra jamais celle du jardin ou celle du marché alimentaire qui correspond le mieux à la vrai définition du BIO : frais, de saison et local.

    Pour que la nourriture reprenne sa place, il n’y a pas d’autre alternative que de retourner à la terre.

    Malheureusement la terre est s’en doute devenue trop basse pour le nouvelle homme modifié génétiquement par la société de consommation…

    Et le courage de changer sa vie aussi rare qu’un supermarché sans OGM…

  2. La vie n’est pas aussi binaire chère épicerie paysanne. Je comprends votre engagement. Je le soutiens. Je l’encourage. Je l’admire. Je comprends aussi votre détermination à condamner le système avec la plus grande véhémence et sans indulgence.

    Mais ces hommes et ces femmes que vous nommez les petits soldats ne doivent pas être blâmés plus que de raison. D’abord parce que bien souvent, ils font ce qu’ils peuvent, se débattant avec la vie. Ensuite, parce que tous n’ont pas la force de s’engager à bras le corps dans le changement.

    Enfin je suis convaincue que c’est par la bienveillance, le partage patient et la pédagogie que nous pourrons mettre en place le changement. Bien plus que par la condamnation sans appel de nos contemporains.

  3. Merci Emma pour ce rappel… Vous avez raison.
    La vie n’est pas simple et chacun fait de son mieux.
    Les mots apaisent les maux…
    Les mots élèvent vers le haut la France d’en bas maltraiter.
    Les discours entre dans la catégorie Billets d’humeur…

    « Le milliardaire et le prolétaire
    Publié le 24 août 2011 par Les blablas d’Emma

    Ils brassent des milliards, ont des résidences principales et secondaires somptueuses, mais aussi des résidences ultra secondaires tout aussi somptueuses que les premières. Le luxe est leur religion. Le stupre leur divertissement. Les qualificatifs ne manquent pas pour désigner cette caste qui tient le monde entre ses mains : les riches, les ultra-riches, les milliardaires, les fortunes du CAC 40… La bourse est leur terrain de jeu, les entreprises qu’ils détiennent, achètent, vendent, démantèlent sont les voitures de leur train électrique. Les salariés qui valsent au gré des plans de licenciement sont leurs petits soldats de plomb. Et voilà qu’aujourd’hui ces grands enfants trop gâtés par la vie font preuve d’un allocentrisme pour le moins suspect. Ils veulent qu’on les taxe, qu’on les impose. Ils affichent leur solidarité avec le monde d’en bas, celui qu’habituellement ils toisent, celui qu’ordinairement ils écrasent sans le moindre remord. Mais que leur arrive t-il ? Ont-il été soudainement touchés par la grâce d’un autre Dieu que celui du capitalisme qu’ils vénèrent ? Ne rêvons pas. Evidemment non ! Mais peut-être craignent-ils que le seuil de tolérance de la populace ne soit trop proche, si proche qu’il deviendrait suicidaire de ne pas intervenir. Car le riche n’existe qu’autant que le pauvre accepte sa condition d’esclave, qu’autant que les miettes qu’il picore le maintiennent sous ce fameux seuil. »

    Ecrire c’est un peu hurler seul, Emma j’aime vos cris, dans la nuit du monde.

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