Le vent n’est plus à vendre

Information de dernière minute,  14 h 30, vendredi 25 mai 2012.

La nouvelle vient de tomber. Le vent n’est plus à vendre. Il vient d’être acheté par le groupe V., et sera introduit en bourse dès la semaine prochaine.

Tous les voiliers sont priés de rejoindre leur port d’attache. Véliplanchistes, lucanistes, parapentistes et autres adeptes de kitesurfing, propriétaires d’éoliennes et moulins à vent devront s’enregistrer et s’acquitteront désormais d’une redevance annuelle dont le tarif n’a pas encore été dévoilé.

Mistral, Tramontane, Vent d’autan, Mousson, Sirocco et Harmattan ont été confiés à la filiale américaine du groupe, alors que bise, brise, bourrasque, tempête, ouragan, typhon et cyclone l’ont été à sa jeune filiale hollandaise en fort développement depuis 2 ans.

 

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Le modèle économique dominant aura t-il notre peau ?

La situation semble devenue inextricable tant les économies sont imbriquées les unes dans les autres, tant la complexité de l’appareil économique lui-même est telle qu’il est devenu incompréhensible et incontrôlable. C’est comme ces transactions financières réalisées à la nanoseconde sur ordinateur. C’est donc cela le progrès ? Des monstres technologiques que nous avons créés et qui aujourd’hui semblent nous échapper. Des monstres qui permettent de déplacer chaque jour, via les places financières, des milliards d’euros ou de dollars qui ne représentent rien puisque déconnectés de la réalité des richesses réellement produites. 98% des transactions boursières ne reposent sur rien. Elles ne sont que des lignes d’écriture comptable dans des ordinateurs.

D’ailleurs, ne nous a t-on pas expliqué en 2008 lors de la faillite de Lehman Brothers, symbole du début de la crise (symbole, car cette crise n’est que le énième soubresaut, peut-être le dernier, d’un modèle économique qui vient d’entrer au service des soins palliatifs), que ladite crise était financière, que l’économie réelle n’était pas touchée, et qu’elle ne le serait pas. C’était l’occasion  pour nous de découvrir qu’il y avait une économie virtuelle, c’est-à-dire une économie de science fiction qui ne correspond à aucune richesse tangible. Après la tertiarisation de l’économie nous sommes entrés dans l’ère de sa virtualisation. C’est dommage parce que jusqu’à preuve du contraire les Hommes se nourrissent de patates bien réelles !

Ne sommes-nous pas en train de fabriquer un monde métallique, technologique, déconnecté de la réalité de ce qu’est la vie terrestre qu’elle soit animale, végétale et bien entendu humaine ? Le progrès devait nous libérer, et il l’a fait. Du moins pour une partie des Hommes, puisqu’à l’heure où je vous écris depuis une machine électronique et électrique alimentée par une centrale nucléaire, des êtres humains n’ont pas accès ou difficilement au minimum vital que sont l’eau, la nourriture, les soins de santé ou un logement décent. Mais le progrès, comme toute substance est bénéfique,  se transforme en poison une fois un certain seuil dépassé. Et nous sommes en train d’asservir nos vies au progrès. Un progrès qui engendre de la complexité. Une complexité qui engendre une perte de lien avec le réel et l’intelligible. Alors à quand un monde de science fiction piloté par des androïdes où les êtres humains seront superfétatoires ?

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Une vie mais cent chemins

Un jour, je me souviens

J’étais sur le même chemin.

Je suivais la route à vos côtés

J’avais chaussé les bottes de la normalité

Enfilé le même uniforme.

J’étais comme il convenait

Conforme, dans la norme

Je m’habillais à vos idées

J’avais cette vie bien rangée

Qu’il vous plaisait de constater.

 

Oh ! Il m’arrivait bien parfois

De m’égarer,

De ne pas marcher tout à fait droit.

La nature au fond de moi

Suait, cognait, se mettait à gueuler

Et par tous les pores de ma peau

Le venin sournoisement s’épanchait.

Ce qui sortait de mes mots

Sentait la charogne et le renfermé.

Je puais le mensonge, vous l’appeliez vérité !

 

A ce jeu là, j’ai failli perdre mon âme

Et j’ai perdu bien des années !

J’ai erré dans les couloirs putrides

De votre monde aseptisé,

Et doucement la flamme

Dans mon cœur s’éteignait.

J’avais chaud, j’avais froid

Mon corps tout entier

Se battait dans ce désert aride

Où pour moi plus rien ne poussait.

 

Un matin, je me souviens

Je me suis levée avec la nausée

Plus forte, plus grande que jamais

Et plus l’envie de rien

Juste celle de crever

De quitter enfin

Ce cirque désespéré.

Plus question d’aller dans vos pas

De suivre le chemin

Celui que vous pensez tout tracé.

Fini de se prosterner

De courber l’échine et de remercier

Pour quelques miettes abandonnées.

 

Alors j’ai pris ma vie par la main

Et ensemble nous sommes allées

Loin de vos routes trop droites

De vos pensées trop étroites.

Toutes les deux on s’est mis à rêver

A reconstruire, à inventer

Demain et puis après.

On a quitté le confort de l’immédiateté

Pour le bonheur de la durée.

Dans un fond de campagne

Entre vertes prairies et marais

On a posé nos valises fatiguées.

 

Le soir je me promène désormais

Dans le jardin qui fleure bon le seringat,

Le thym et l’herbe coupée.

Dans mon vieux pantalon rapiécé

Je passe sous les lilas

Et je vais jusqu’au poulailler

Je prends les œufs du jour

Je hume l’air frais et je savoure

Cette nouvelle liberté.

 

Je n’ai plus rien,

Plus rien à vos yeux de citadins

Intoxiqués par tous ces biens

Qui font de vous des prisonniers,

Marchands et receleurs

Accrochés à vos aigreurs.

Je n’ai plus rien,

Plus rien que mon humanité

Celle qui pousse au jardin

Avec mon ail et mes fraisiers

Celle qui se nourrit de la terre

Dans laquelle j’enfonce mes mains

Pour planter les tomates qui pousseront demain.

 

Je sais bien qu’elle vous déplait

Cette nouvelle vie sous les figuiers

A quelques pas des marronniers.

Je n’ai plus les ongles peints

Les ongles faits.

Mon pardessus est un peu râpé

Et quand je viens vous visiter

On n’a plus rien à se raconter.

Si vous saviez comme je me fous

Que les assiettes soient assorties

A la nappe ou au buffet en acajou !

Si vous saviez comme je n’envie rien

De cette vie bien propre

Que vous portez autour du cou !

Si vous saviez comme je suis bien

Dans ma vie de « sans le sou »

Quand la vôtre est endettée

…à perpétuité.

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Le voyage (3)

Et alors ? Je vais faire quoi maintenant ? Je vais sortir ma lame de rasoir ? Me trancher les veines et me vider sur le sol encore gras du passage du voyageur d’hier ? Ridicule ! Pitoyable ! C’est vrai, je suis venue ici avec cette idée en tête. Un beau suicide ! Une mort qui a de la gueule, comme au cinéma. Un beau cadavre chaud au milieu des bouteilles et des verres. Le souvenir d’une vie, là, gisant par terre, dans une mélasse rouge et collante. Et puis ces quelques mots crachés sur une feuille de papier oubliée sur le bord du lit, sans la moindre négligence, évidemment. Ces quelques mots oui : « Je ne vous aime plus. Peut-être même ne vous ai-je jamais aimé ».  C’est quoi ces lettres de suicidés qui sentent la rose et les bons sentiments ? Ces lettres qui s’époumonent qu’elles aiment bien fort, oh oui ! Bien fort ! Ces lettres qui demandent pardon pour ce départ anticipé. Ces lettres qui réclament compréhension et indulgence pour ce dernier geste. Ces lettres qui n’assument pas le choix de leur auteur.

Mais je suis là, dans cet hôtel minable avec ses rideaux jaunes à fleurs mauves. Un gobelet en plastique entre les mains et une bouteille de champagne bon marché posée sur une table de chevet en contreplaqué. Dans le genre théâtral on repassera !  Et puis ça avait l’air si simple quand je me faisais le film, le soir dans ma chambre, entre un sanglot et un verre de blanc. Mais là, dans la médiocrité de ce décor étranger tout change.

Je relève la manche de mon tee-shirt. La peau est blanche. Si blanche ! Et les veines presque invisibles. Sans doute le ruissellement du sang, d’un sang rouge éclatant viendrait-il égayer cette pâleur. Je me ressers du champagne. Verdi joue toujours.

…/…

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Mes rêves ont 20 ans

Sur la peau le passage des ans

Mais dans le cœur mes folies

Mais dans l’iris mes envies

Ont 20 ans.

 

Dans l’âme quelques plaies

Mal refermées

Pourtant l’espoir reste entier

Il a 20 ans.

 

Tu te moques

Tu médis et tu dis

Que mes rêves

Sont chimères, illusions et folies.

 

Laisse-moi avec tes idées

D’adulte égaré,

Mes rêves n’ont pas vieilli

Ils ont juste grandi.

 

Au coin des yeux les outrages du temps,

Pourtant regarde au fond

Et tu verras,

C’est la même passion

Qu’au jour de mes 20 ans.

 

Sur mes lèvres le goût des heures

Longues douloureuses

Ou délices de douceur

C’est la même essence fiévreuse

Dans ma gorge,

J’ai 20 ans.

 

Tu te moques

Tu médis et tu dis

Que mes idées débloquent

Mais tu crèves de jalousie !

Car tes rêves enterrés

Ont mal du temps

Ce temps où tu avais

Encore 20 ans.

 

Retourne à tes cimetières

A ton confort

A tes vacances balnéaires !

Je me joue du sort

Avec mes rêves et mes chimères

Je défie la mort !

 

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Cerveau en panne

La médiocrité des attaques qui ont suivi l’élection de François Hollande à la présidence de la République française est à pleurer. Elle révèle un abêtissement paroxysmique de notre pitoyable époque.

D’abord c’est faire injure à ce que serait une véritable politique de gauche que de lui assimiler le programme de François Hollande ! Que les supporters déçus jusqu’à la hargne haineuse de Nicolas Sarkozy se rassurent, les deux bonshommes sont finalement bien plus ressemblants qu’il n’y parait, au moins d’un point de vue strictement économique. Hollande, ce n’est jamais que du capitalisme version light avec une volonté,  du moins affichée,  il restera à voir si elle se concrétise dans les faits,  de revenir à un peu plus de justice sociale. Est-il besoin de rappeler ici les nombreux cadeaux fiscaux que l’ancien locataire de l’Elysée a fait aux plus riches (les détenteurs du capital) tout en demandant toujours plus d’efforts et de sacrifices aux classes moyennes et populaires (celles qui n’ont que leur force de travail pour subsister) ? Mais Nicolas Sarkozy avait alors peut-être voulu rendre un hommage appuyé à ce regretté Coluche qui expliquait « qu’on avait bien raison de piquer l’argent des pauvres vu qu’ils sont plus nombreux »… Quant à voir dans l’élection de François Hollande le péril rouge, alors là on atteint un sommet de bêtise douloureux qui rappelle combien la culture politique et historique de certains de nos concitoyens flirte avec le néant.

Ensuite c’est avoir la même naïveté que celle reprochée aux militants du PS (les promesses n’engagent certes que ceux qui les croient, mais la foi est assez également partagée entre hollandistes et sarkozystes) que d’imaginer que le pouvoir politique a encore  du pouvoir justement. A croire que nos contemporains lavent décidemment trop leur cerveau à la lessive TF1 et autres medias dominants. Hollande n’est évidemment pas un sauveur (mais Sarkozy ne l’aurait pas été davantage).  Hollande est simplement un « colmateur ». Il est là pour mettre quelques rustines sur un modèle économique qui se fissure de tous les côtés en attendant le grand effondrement. Parce que la véritable question aujourd’hui c’est celle qui consiste à savoir si le capitalisme productiviste est la réponse aux crises économique, sociale et écologique. Et nous sommes quelques uns à penser que non seulement il n’est pas la solution, mais qu’il est le premier de tous nos maux. Evidemment, cette idée reste largement minoritaire dans la classe politique qu’elle soit française ou européenne. En parlant de l’Europe justement, il ne vous aura sans doute pas échappé que les décisions de nos dirigeants sont pour l’essentiel dictées par les orientations bruxelloises et que notre parlement n’est finalement qu’une chambre d’enregistrement de la législation européenne, législation qui prime le droit national. Il ne vous aura sans doute pas davantage échappé que l’Europe des Nations a laissé sa place à l’Europe des marchés et que ceux-ci s’accommodent (pléonasme) très bien du capitalisme productiviste.

Finalement la différence fondamentale entre un Sarkozy et un Hollande, à l’heure où l’impuissance publique est à la mesure de la puissance économique des intérêts privés, c’est sans doute la fin du mépris et de la stigmatisation institués comme valeurs normatives de la société. Jamais plus que sous le règne Sarkozy on aura autant humilié, montré du doigt, accusé, traîné dans la boue les plus fragiles. Car faut-il encore le répéter ? Les chômeurs, les bénéficiaires des minimas sociaux, les étrangers, les mal logés ne sont pas responsables de la crise, ils en sont les premières victimes ! Ils sont même les premières victimes, dans l’hémisphère Nord car au Sud ça fait bien longtemps déjà qu’on en crève, de la faillite d’un système. Mais rassurez-vous petites gens de la bonne petite bourgeoisie d’en bas (la grande bourgeoisie d’en haut est certes cynique mais elle a oublié de ranger ses neurones au vestiaire, elle !), votre tour viendra, tôt ou tard, mais il viendra car on n’arrête pas la faillite d’un modèle érigé au rang de civilisation avec quelques pansements, et cela peu importe qu’on s’appelle Hollande ou Sarkozy.

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Ces femmes sous influence

Hier elles défendaient des idéaux

Justice était leur maître mot.

Hier elles élevaient le verbe bien haut

Avec la colère comme porte-drapeau.

Hier elles affichaient leurs idées

Et elles s’en foutaient

De plaire ou de déplaire,

Elles n’aimaient pas beaucoup les millionnaires.

Hier elles avaient la liberté pour seul destin,

Indépendantes et fières

Elles s’en moquaient bien de prendre part au festin.

 

Et puis un jour leur matrice a réclamé

Un toit, un chien, et des vacances à St-Tropez.

Il était beau, il était fort, il sentait bon la sécurité

Le géniteur qui allait semer bébé !

Alors elles ont fini par oublier

Le monde qu’elles voulaient  inventer

Quand elles avaient encore un idéal et des idées.

 

Elles sont devenues épouses modèles,

A leurs rêves d’hier bien entendu infidèles,

Mais que leur importe désormais,

Elles ont une famille à préserver.

 

Au diable la justice ! Adieu les valeurs

Qu’hier elles brandissaient

La tête haute et la main sur le cœur.

C’est à double tour maintenant

Qu’elles referment la porte de la maison

On ne sait jamais avec tous ces délinquants !

 

Hier elles défendaient des idéaux

Aujourd’hui elles maudissent tous ces salauds,

Ces pauvres, ces étrangers, ces sales gauchos

Ces parasites qui veulent faire cracher la France d’en haut !

 

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Le coeur avait raison

Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point

Mais la raison n’a pas de cœur… mon Cœur.

Le cœur a ses tempêtes que le soir rend à la vie

Et la vie a ses histoires que le cœur oublie.

Je les déteste tant tous ces endroits qu’avant

Qu’avant toi j’ai tant et tant chéris.

Je les regarde pourtant ces parcs, ces jardins,

Ces massifs et ces bassins,

Qu’au frais printemps j’ai aimés comme toi,

Comme avant,

Avant que tu ne repeignes tout en noir et blanc.

 

Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point

Mais la raison n’a pas de cœur… mon Cœur.

Le cœur a ses passions que le matin rend au chagrin

Et le chagrin a ses larmes qui ne sèchent pas.

Je les ai tant haïes toutes ces mélodies

Ces mélodies qu’avant,

Qu’avant toi j’aimais tant et tant.

Je les écoute pourtant dans les parcs, dans les jardins

Près des massifs et des bassins,

Là où je verse l’eau de mon amour défunt

Là où pourrissent nos frêles et jeunes matins.

 

Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point

Mais la raison n’a pas de cœur… mon Cœur.

Le cœur a ses silences que la mort emporte avec les anges

Et les anges ont des douceurs qui guérissent les cœurs.

Je les ai tant et tant rêvées

Ces heures,

Ces heures où le cœur et la vie feraient la paix

Au dessus des jardins où jadis tu m’aimais,

Auprès des massifs et des bassins

Là où nos mains entrelacées

Donnaient la réplique à nos cœurs encore pleins.

 

Le cœur a ses raisons que la raison ne connait point

Mais la raison a eu raison de ton cœur et du mien.

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Le voyage (2)

A mesure que le champagne me brûlait en coulant dans la gorge, les souvenirs s’emmêlaient dans ce désordre qui les rend plus éloquents.

L’appartement était petit mais si joli. Toujours rangé. Rien, jamais, qui dépassait. Souvent il sentait bon le jasmin ou le bois de cèdre. Dans la bibliothèque les livres étaient classés par genre et par auteur. Il y en avait toujours deux ou trois, quatre ou cinq qui restaient là, posés sur la table du salon, près du lit sur le plancher. Je les caressais du regard à chaque passage. C’était le temps où toutes les semaines, le samedi souvent, je m’offrais ma bouffée d’oxygène dans les rayons de la librairie Saint-Louis. Je n’en ressortais jamais les mains vides. Le papier me faisait de l’œil. Les noms des auteurs se mélangeaient, se superposaient, renvoyaient vers leurs ainés, se découvraient et je prenais tout comme une affamée

Il y avait eu ces vacances en Andalousie. Quel été fantastique ! Les bleus de la mer et du ciel, comme une aquarelle, s’harmonisaient au gré des jeux de lumière. Les nuits et les jours s’inversaient. Les siestes sous le soleil. Les extases sous les grenadiers. Le goût sucré des melons. La chaleur suffocante. Tes bras, ma prison.

Le chat m’attendait devant la porte d’entrée tous les soirs. Sans doute guettait-il mes pas dans les escaliers de ce petit immeuble de centre-ville. Il était 18 heures. 18 heures 30. Je lançais ma serviette sur le canapé. Toutes les soirées se ressemblaient. Le dîner. La télé. Et puis minuit sonnait. L’heure d’aller se coucher parce que demain tout recommencerait.

C’était simple et répétitif. C’était sans aléas ni surprise. C’était même souvent un peu fade. Mais c’était ma vie.

Et je suis là aujourd’hui, dans cet hôtel sordide avec dehors le bruit des voitures et des camions. Je suis là oui, devant mon verre vide, avec mon mal du siècle pour seule compagnie.

…/…

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La décroissance sera

La décroissance contrainte et forcée ! La Grèce est un petit laboratoire. On y teste le monde de demain. Ce monde qui va voir se niveler par le bas les niveaux de vie des populations.

On sait que sur une planète aux ressources finies, si 7 milliards d’êtres humains vivaient comme un européen ou un américain, il nous faudrait 4 à 6 planètes terre. Pour pallier cette réalité plusieurs solutions sont possibles : on élimine purement et simplement quelques milliards d’individus de la surface du globe (la guerre c’est bien pratique pour ça !) ou on abaisse le niveau de vie des populations riches occidentales  (oui, je sais, ça fait bizarre de lire ça. Et pourtant un smicard français avec son téléphone portable, sa télé, sa voiture et son ordinateur est riche en comparaison du paysan indien ou de l’ouvrier chinois) tout en préservant évidemment le niveau de vie de la caste supérieure qui ne représente que quelques centaines de milliers de personnes.

La décroissance vous y viendrez donc de gré ou de force. Le problème majeur de la décroissance contrainte c’est qu’elle s’accompagne d’une mise au pas des populations. On parle beaucoup de dictature économique. Rassurez-vous (ou inquiétez-vous plutôt !) cette dictature économique se couple toujours d’une dictature politique. Bien sûr la dictature a fait de grands progrès. On n’enferme plus (ou peu) les dissidents. D’ailleurs, les dissidents sont une poignée désormais puisqu’il suffit de prendre le contrôle des esprits pour annihiler toute fronde potentielle  (lire ou relire « 1984 » de George Orwell à ce sujet). Et aujourd’hui avec la boîte à conneries c’est d’une simplicité confondante ! Quant à ceux qui auraient encore quelques velléités contestataires, pour l’heure ils font la révolution depuis leur salon sur facebook et twitter !

Les dirigeants du monde peuvent donc continuer à le détruire (le monde) tranquillement. Il n’y a plus personne pour les inquiéter, si ce n’est quelques farfelus, hurluberlus, marginaux, post-soixante-huitards sur le retour et autres brebis galeuses qui ont décidé (outre d’élever des brebis) de prendre quelques chemins de traverse, et qui, de toute façon, sont mis au ban de la société pour leurs idées saugrenues. Parmi eux on trouve d’ailleurs les décroissants. La boucle est bouclée pensez-vous ? Pas tout à fait car la décroissance choisie et organisée (d’aucuns parlent aussi de sobriété heureuse… expression chère à Pierre Rabhi) ça a une autre saveur, une autre odeur, une autre couleur. Disons pour faire image que la décroissance forcée ça sent la merde, alors que la décroissance choisie ça sent la pomme et le lilas, le thym et la lavande, la framboise et la menthe…

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